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La qualité du lait c’est quoi?


 

Préambule

Cette étude ne prétend pas résoudre tous vos problèmes de qualité du lait. Elle vous aidera à y voir plus clair dans votre recherche et vous servira de guide et de référence.

Si vous suivez les recommandations de cette étude vous avez toutes les chances de vous en sortir et de retrouver un cheptel sain.
La qualité du lait ce n’est pas seulement la traite, c’est un ensemble. Dans cet ensemble il y a:
-le bâtiment
-la traite
-l’alimentation (ce dernier point n’est pas abordé dans cette étude)
Si un de ces trois éléments est défaillant c’est toute la chaîne de qualité qui est compromise ainsi que la santé de votre cheptel laitier.

Recommandations pour produire un lait de qualité

1- Le bâtiment, idéalement un logement propre pour des vaches propres

-Ventilation par « effet cheminée »

Le bâtiment doit ventiler correctement. La surface totale en m² des entrées d’air doit être le double de la surface en m² des sorties d’air.
L’air entre par les espaces du bardage et ressort par la faîtière. L’air chaud monte vers la faîtière car il est plus léger que l’air froid. En montant il provoque « l’effet cheminée » qui assure le renouvellement de l’air, l’assèchement du bâtiment et la régulation de la température ambiante.
Les vaches produisent de la chaleur et de l’humidité sous forme de vapeur et de déjections. Une vache de 700 kg évacue 13 litres par jour!
Pour voir si un bâtiment ventile bien il faut se positionner au centre et tenir une bougie allumée à bout de bras. La flamme doit vaciller mais ne pas s’éteindre.
Autre test avec le fumigène, la fumée doit s’évacuer en moins de trois minutes par toutes les sorties. Si elle s’évacue rapidement que par une seule sortie c’est qu’il y a un courant d’air.
Dans les bâtiments anciens ou mal conçus on peut envisager une ventilation dynamique au moyen de ventilateurs.-Surface au sol pour le couchage
La surface nécessaire de couchage se calcule en multipliant le nombre d’animaux à loger par 6 m² auxquels on ajoute 4 m² d’exercice par animal.
Attention, la surcharge d’un bâtiment peut être due aux surfaces de fonctionnement qu’on oublie de déduire, comme par exemple:
les surfaces occupées par les rateliers à foin, les bacs d’abreuvement, les couloirs de circulation, les couloirs de retour de la SDT…-Le paillage
-système logette: 3 à 4 kg de paille par jour et par logette.
-système aire paillée (paillot): 1 à 1,2 kg/m² de paille par jour.
Pour éviter la prolifération microbienne (riques de mammites), il faut maintenir la température du paillot à des valeurs inférieures à 30°C en surface de la litière soit 38 à 40°C à 10 cm de profondeur. Lorsque la température dépasse ces limites, le curage est vivement conseillé.-L’abreuvement
L’eau est l’aliment liquide le plus important pour les vaches laitières. Pour une production laitière optimale, il leur faut un libre accès à une eau de qualité et propre. La consommation d’eau est influencée par des facteurs comme la température ambiante, la teneur en matières sèches de la ration et la production de lait. Une vache en pleine lactation à forte production peut boire plus de 150 litres d’eau pendant une journée très chaude.
L’eau doit être analysée deux fois par an.
Les abreuvoirs, bacs à eau doivent être régulièrement nettoyés.

-Local de vêlage
Il est important de veiller à l’état de propreté du local de vêlage.

-Les nuisibles
Les volatiles: pigeons, moineaux, étourneaux et hirondelles sont les oiseaux que l’on rencontre le plus souvent à l’intérieur (faîtière) et autour des bâtiments d’élevage. Leurs pattes et leurs déjections sont des vecteurs possibles d’organismes microbiens infectieux.
Les rongeurs: En un an, un  rat produit 25 000 crottes et une souris 17 000. Il suffit de quelques petits rongeurs pour contaminer gravement les réserves d’aliments du bétail. De plus, ces animaux transportent, collés à leurs pattes ou à leurs poils, des organismes pathogènes et occasionnent des dégâts au niveau des aliments, des fournitures agricoles et des bâtiments.
Animaux domestiques: limiter les allées et venues des chiens et des chats entre fermes voisines, réduire au minimum le contact des chiens et des chats avec les animaux et les tables d’alimentation.

-Les sols bétonnés
La vache est un mammifère de la famille des bovidés. C’est également un ongulé, ses doigts se terminent par des sabots et, à ce titre, elle n’est pas apte à se déplacer sur les sols bétonnés. Il y a aujourd’hui suffisamment de cas avérés pour conclure que les sols en béton sont partiellement responsables de l’incidence élevée de boiteries chez la vache laitière. On trouve aujourd’hui d’autres matériaux de revêtement de sol de stabulation. De plus en plus d’éleveurs laitiers installent des revêtements spéciaux en caoutchouc dans les endroits où les vaches circulent et se tiennent debout.
Quand on cherche à réduire les boiteries, une des premières choses à considérer est le système de logement installé. Il faut une logette par vache, c’est-à-dire en moyenne 0,85 à 1,15 logette par vache, plus il y a de logettes à la disposition d’une vache, meilleure sera son confort. Mais attention, pas n’importe quelle logette. La taille de la vache par rapport à la taille de la logette est un facteur déterminant, tout comme le paillage et la propreté de la zone de couchage. Si la logette ne satisfait pas aux conditions requises, la vache mettra plus de temps à se coucher, et cela démontre que la logette n’est pas confortable pour l’animal.
La ration alimentaire est tout aussi importante que la logette. La vache étant un ruminant, la quantité de fourrage qu’elle consomme joue un rôle prépondérant dans le fonctionnement de son appareil digestif, mais en même temps, elle a besoin d’un apport énergétique considérable pour produire la quantité de lait désirée.
Bref, il faut parvenir à un juste équilibre, la ration apportant assez d’énergie à la vache, mais aussi suffisamment de fourrage pour neutraliser l’acide qui peut s’accumuler dans son appareil digestif (acidose) et causer des problèmes de boiteries.

2 -La traite

Quelque soit votre installation de traite, n’oubliez jamais ceci:
« Pour la vache, la machine à traire est une agression, moins longtemps dure la traite mieux ça vaut! »

-Temps de traite
Il est intéressant d’avoir une idée du temps de traite moyen observé sur environ 20% de l’effectif. Ce temps est lié au niveau de production.
L’Institut de l’Elevage l’évalue à environ 5 minutes +/- 30 secondes pour 10 kg de lait, auquel il faut ajouter environ 1 minute par tranche de 5 kg. Un temps de traite qui s’éloigne de cette évaluation peut amener à suspecter la pertinence de certains réglages de la machine à traire, comme le niveau de vide ou les rapports de pulsation.
Il peut aussi faire penser à de la surtraite chronique.
Enfin, c’est peut-être le signe d’une mauvaise stimulation des trayons, avec un temps trop long entre la préparation de la mamelle et la pose du faisceau trayeur. La pose doit impérativement se faire dans les 60 à 90 secondes suivant la préparation.

De nombreux facteurs agissent sur la qualité du lait et l’état sanitaire du troupeau laitier. Avec de bonnes routines de traite et un équipement de traite normalisé, le risque d’apparition  de cas de mammites sera diminué de manière significative.

Les douze commandements pour produire un lait de qualité

Avant la traite

1. Vérifier périodiquement l’état sanitaire des mamelles

– Relire régulièrement toutes les informations relatives à l’état sanitaire de la mamelle et à la qualité du lait, issues des données obtenues sur l’exploitation, des contrôles effectués par les organismes officiels (Contrôle Laitier, cliniques vétérinaires…).
– Avoir une base de données pour chaque vache et pour le troupeau pour pouvoir détecter rapidement tout changement anormal.

2. Définir un ordre de traite pour les vaches

– Commencer par traire les génisses, puis les vaches fraîches vêlées avant le reste du troupeau.
– Traire les vaches malades ou infectées en dernier puis laver et désinfecter l’installation de traite.

3. Tirer systématiquement les premiers jets

– Examiner les deux ou trois premiers jets. Dans les stabulations entravées et les salles de traite, utiliser un bol de contrôle à fond noir. Laver ensuite le quai de traite avant de faire entrer les vaches suivantes.
– La traite des premiers jets permet de déclencher un puissant réflexe d’éjection du lait (occitocine) et de détecter le lait de composition anormale afin de ne pas l’envoyer dans le tank avec le reste du lait.

4. Nettoyer les trayons et l’extrémité des trayons

– La détection des mammites et la production d’un lait de qualité exigent que les vaches aient des trayons propres et secs avant la pose des faisceaux trayeurs. Nettoyer les trayons et l’extrémité des trayons avec des lavettes appropriées. Utiliser un papier ou une lavette à usage unique (un par vache) pour nettoyer et sécher les trayons. En cas d’utilisation de lavettes en tissu, lavez-les et séchez-les avant de les réutiliser.

Ne jamais débuter la traite par le nettoyage des trayons ! Les germes se développant dans le canal du trayon pourraient se propager dans toute la mamelle. Commencer toujours par recueillir les premiers jets avant de nettoyer les trayons !

Pendant la traite

5. Contrôler l’installation de traite

– Choisir un niveau de vide de traite et une pulsation adéquats au troupeau. Les définir conformément aux instructions de votre technicien installateur.
– Vérifier le niveau de vide (indicateur de vide) avant de commencer à traire.

6. Poser le faisceau trayeur sans tarder

– Poser le faisceau trayeur dans les 60 à 90 secondes suivant la préparation des trayons.
– Limiter les entrées d’air au moment de la pose des gobelets trayeurs.
– Vérifier le bon positionnement du faisceau trayeur de manière à ce qu’il soit parfaitement équilibré à l’avant par rapport à l’arrière et d’un côté par rapport à l’autre et vérifier qu’il ne vrille pas. Souvent, le tuyau long à lait tire sur la griffe et la fait vriller.

7. Ne pas faire de surtraite

– La surtraite est une des causes principales de dégradation de l’extrémité du trayon. Lorsque la mamelle est vide, il faut déposer le faisceau trayeur. Ce moment crucial peut être détecté visuellement ou, pour des systèmes équipés de la dépose automatique (ACR), de permettre aux sondes de détecter le débit bas et de déposer automatiquement le faisceau trayeur. Les systèmes équipés de capteurs de débit de lait offrent une bonne indication visuelle lorsque le niveau de débit bas est atteint.
Faire vérifier une fois par an les temporisations des déposes automatiques.

8. Déposer délicatement le faisceau trayeur à  la fin de traite

– Lorsque la traite est terminée, fermer l’arrivée du vide manuellement ou automatiquement. Laisser baisser le niveau de vide complètement avant de retirer le faisceau trayeur. NE JAMAIS tirer sur les faisceaux trayeurs car de l’air entrerait violement par l’embouchure du manchon, et conduirait à de nouveaux cas de mammites par projection.

Après la traite

9. Désinfecter les trayons aussitôt après la dépose (trempage)

– Le plus rapidement possible après la dépose du faisceau trayeur, désinfecter les trayons avec une solution de trempage. C’est la seule méthode réellement efficace pour éviter la contamination croisée et la transmission des organismes responsables des mammites contagieuses.

10. Nettoyer les équipements de traite aussitôt après la traite

– Nettoyer l’extérieur des postes de traite et la salle de traite.
– Après chaque utilisation, rincer et nettoyer, manuellement ou automatiquement (programmateur de lavage), toute l’installation de traite à l’aide de produits appropriés (chlore et alcalin) et à une température suffisante.
– En cas de besoin, désinfecter l’installation de traite avant la traite suivante au moyen de désinfectants correctement dosés.

11. Réfrigérer le lait

– Contrôler le température de refroidissement du tank à lait.
– Une réfrigération correcte et rapide permet de ralentir voir même d’empêcher le développement de la plupart des bactéries.

12. Contrôler régulièrement la qualité du lait et  les équipements de traite

– Etudier, comparer régulièrement les résultats de traite, la qualité du lait, la composition du lait et les données de performance de traite avec ceux de votre base de données.
– Remplacer les manchons et les pièces en caoutchouc conformément aux recommandations de l’installateur. Les pièces en caoutchouc qui s’usent sont fissurées et deviennent poreuses ; elles diminuent la performance de traite tout en augmentant le risque de développement bactérien. De tels problèmes peuvent conduire à des temps de traite prolongés et à l’augmentation du nombre de cellules.
– Faites contrôler régulièrement votre installation de traite par un technicien agréé.


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