La crise du lait en France

 


 

deux vaches dans la prairie

 

La fin des quotas laitiers en mars 2015 a secoué le secteur laitier français. Après de nombreuses manifestations en février 2016 et l’aide de la Commission européenne, qui a fait de nouvelles annonces lundi 18 juillet, les éleveurs producteurs de lait ont encore du mal à sortir de la crise.

En février 2016, la presse française a montré le mécontentement des paysans. Épuisés et pressés par les bas prix du lait, les producteurs français demandent de l’aide à la Commission européenne et espèrent des réponses rapides. Pourtant, le lait a du mal à sortir du secteur de la crise, malgré l’augmentation des exportations.

Disparition des quotas

Le 1er avril 2015, 67 000 producteurs laitiers français assistent, impuissants, à la disparition des quotas laitiers. Créés en 1984, ils devaient apporter une réponse au problème de la surproduction laitière européenne. Il s’agissait alors de remédier à l’effet pervers de la politique agricole commune (PAC) qui encourageait les agriculteurs de facto à produire davantage. Les quotas visaient à réguler le flux de production et donc à assurer un niveau minimum de prix.

Une fois les quotas supprimés, les producteurs laitiers craignaient un manque de visibilité sur le prix de vente, et en particulier le risque d’une augmentation de la production mise sur le marché.

Baisse de la demande mondiale

Un mois après la fin des quots, en mai 2015, les prix du lait ont enregistré une baisse. Ils sont tombés à 303 € pour 1 000 litres, selon le ministère de l’Agriculture, soit une baisse de 41 € par rapport au prix de mai 2014.

En fait, les prix du lait ont commencé à reculer en octobre 2014. De même, la production mondiale devrait connaître une croissance plus rapide (+ 2,5%) que la consommation (+ 1,8%), provoquant un déséquilibre.

Les raisons principales, c’est le ralentissement des achats par la Chine, un des principaux importateurs mondiaux et l’embargo russe sur les produits occidentaux qui privent les producteurs européens de marchés à l’exportation.
Tout cela a contribué à déstabiliser le marché laitier européen, déjà ébranlé par la fin des quotas.

Premier support

En juillet 2015, le ministère de l’Agriculture appelle à des négociations autour du prix du lait entre les acteurs de l’industrie. Les agriculteurs français réussissent à obtenir un prix minimum pour l’achat de lait. Tous les acteurs de l’industrie s’engagent alors à payer 340 € pour 1000 de lait pour soutenir les producteurs.

Ce niveau de prix leur permet au moins de couvrir leurs coûts, selon le ministre de l’Agriculture. Mais cet arrangement est dénoncé par certains acteurs de l’industrie. Ainsi, Yannick Bodin, président de la section de coordination rurale de la Manche, affirme que l’accord ne résoudra pas le problème des agriculteurs endettés.

Étiquetage obligatoire

En février 2016, le «mécontentement des agriculteurs» se traduit par des événements qui ont secoué la France. Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, a décidé d’apporter à Bruxelles des mesures de soutien aux prix du lait.

La Commission européenne est favorable à ces mesures et autorise exceptionnellement la France à l’étiquetage obligatoire de l’origine du lait dans les produits transformés. Le ministre espère que cet étiquetage augmentera l’achat de la production laitière française, tout en limitant la production.

Tensions exacerbées

Au début de juillet 2016, le rassemblement d’environ 80 producteurs de lait sarthois , rejoints par une quarantaine d’agriculteurs de la Mayenne révèle que les tensions dans le secteur laitier sont encore vives. Malgré l’accord atteint un an plus tôt, les éleveurs estiment que depuis un an et demi, le lait reste acheté à un trop faible coût.

Ils considèrent surtout que leur coopérative ne les appuie pas et joue le jeu des transformateurs. Le prix moyen du lait payé aux agriculteurs en France s’est élevé à 278 € pour 1 000 litres au troisième trimestre 2016, soit une baisse de près de 10% par rapport à l’année précédente.

Aide de Bruxelles

La Commission européenne avait repris la question en septembre 2015, proposant une série de mesures d’urgence et libérant un budget d’un demi-milliard d’euros.
Réunis à Bruxelles le 18 juillet 2016, les 28 ministres européens de l’agriculture ont décidé de libérer une nouvelle enveloppe de 500 millions d’euros pour soutenir le secteur agricole et en particulier le secteur laitier.
150 millions seront utilisés pour inciter à réduire la production laitière dans l’UE et 350 millions d’euros répartis entre les États membres.

Lactalis se défend

Lactalis a déclaré en août 2016 qu’elle faisait face à une forte concurrence ailleurs dans l’Union européenne, où les prix du lait ont chuté plus fortement qu’en France au cours de la dernière année. Par exemple, en juin 2016, les prix du lait cru payés aux producteurs s’élevaient à 277 € par 1000 kg en France contre 232 € pour le producteur allemand, 251 € en Grande-Bretagne et 250 € aux Pays-Bas, selon des données de la Commission européenne.

Le Ministre, M. Le Foll, a déclaré qu’il proposerait un plan plus large sur la mise en œuvre des mesures de l’UE visant à limiter la production laitière.

A suivre…


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *